En quel Dieu crois-tu: «Gnégno - Guêr»?
«Aimez-vous les uns les autres en l’âme de Dieu», proclame le Prophète Mohamed (PSL) (Hadith).
Beaucoup de jeunes vivant au Sénégal (et un peu partout en Afrique) endurent des chagrins pires que celui de la mort: la déception. Cette dernière habite un nombre incalculable de jeunes sénégalais en âge de se marier et, qui hélas, n’ont autre choix que d’aller à l’encontre de leurs familles et d’être abandonnés, ou se plier à leurs exigences du simple fait que leur conjoint (e) est casté: «Guêr – Gnégno». Le phénomène des castes qui date depuis fort longtemps est honteusement légitimé par des «croyants musulmans» au détriment de la parole divine et c’est très piteux, voire d’ailleurs blasphématoire.
Dieu dans l’Islam est universel. Sa sollicitude illimitée s’étend à toutes les races, à toutes les nations, le Sénégal par ailleurs n’en est pas exempté. Il ne connaît pas de favoris. Sa bonté est aussi large que sa justice. TOUS LES HOMMES SONT EGAUX devant lui sans distinction de race ou de couleur. «O vous hommes ! En vérité, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des races, des tribus, afin que vous puissiez vous connaître les uns les autres. En vérité, le plus honorable parmi vous devant Dieu est le plus pieux d’entre vous». (Coran, XLIX, 13). «Tous les hommes sont égaux entre eux, comme les dents du peigne [du tisserand]; pas de supériorité du blanc sur le noir, ni de l’Arabe sur le non-Arabe» proclame un hadith célèbre. «Tous les Musulmans sont frères» affirme le Coran. (Coran, XLIX, 10).
Comme dans le Christianisme, une très grande place est attribuée, dans l’Islam, à l’amour du prochain et à la bonté. «Dieu récompensera au centuple la bonté. Il s’en est réservé les quatre-vingt-dix-neuvièmes. En vertu du centième, laissé à la terre, les êtres sont animés d’un sentiment d’amour, et le cheval écarte son sabot de l’enfant de crainte de le blesser ». (Hadith). Une foi sans amour est une foi morte, aussi bien pour l’Islam que pour le Christianisme.
C’est un truisme de dire dès lors que tout cet acharnement de l’espèce humaine envers leur prochain n’est que bayer aux corneilles. Ils sont de centaines, des milliers de jeunes Sénégalais à être victimes de cette hypocrisie sociale généralisée et soutenue jusque-là par une classe intellectuelle égoïste aux idées obsolètes. Il faut oser le dire, la plupart des parents au Sénégal qui se réclament musulmans ne connaissent rien au coran, ne peut rien interpréter dans le coran, malgré leurs airs de «Kilifeu». A part les 5 prières quotidiennes (où d’ailleurs ils récitent tout bas le reste des Sourates après la Fatiha), beaucoup de chefs de familles Sénégalaises n’ont aucune culture religieuse, ne savent pas orienter les choix de leurs enfants en fonction des valeurs islamiques. Et le plus triste réside dans le fait qu’ils ne peuvent plus aller apprendre vu leur âge avancé. C’est piteux et déplorable dès lors de transformer ses propres enfants comme conséquence de leur ignorance. Le paradoxe nous reverrait encore à ces chefs de familles qui accepteraient plus facilement un mariage mixte (avec un blanc) plutôt qu’à une personne de même religion, et de même race et partageant les mêmes valeurs. Et si ce blanc est un bijoutier, ne devrait-il pas aussi être «Gnégno»?
Ces jeunes délaissés qui n’ont pas les coudées franches et qui se battent jusqu’à leurs ultimes forces afin de fonder un foyer avec la personne qu’ils/elles aiment, n’auront jamais barre sur leurs familles; au risque d’en être indexé, laissés pour compte, et dans certains cas plus extrémistes, reniés tout simplement.
Vous dites-vous musulmans et en même temps oser prétendre que votre «personne» (faite de boue et qui retournera à la terre) vaut mieux qu’une autre personne créée tout aussi à l’image de Dieu? Vous dites-vous père ou mère de famille et laisser la souffrance et la déception amoureuse gagner le cœur de votre enfant et par conséquent en détruire sa vie?
A tous ces jeunes Sénégalais victimes d’un désespoir, d’un chagrin, et de rêve brisé à travers cette création de l’œuvre humaine, je vous dédie ce passage du coran : «Assurément, être patient et pardonner, c’est la grande affaire de la vie », dit le Coran (XLVI, 11)».
Plus que jamais, les jeunes ont besoin de l’aide et la bénédiction de leurs parents.
Toi, en quel Dieu crois-tu?
Cheikh NDAO
Référence: Dr. Dalil BOUBAKEUR
Cheikh NDAO